- Faut-il mettre son GitHub sur un CV de développeur ?
- Oui si le profil montre quelque chose : un projet avec de la traction, des contributions régulières ou du code représentatif de votre niveau. Un lien vers un profil vide dessert plus qu'il ne sert. Si vous avez un projet open source significatif, donnez-lui une entrée dédiée dans le CV avec des puces chiffrées (étoiles, utilisateurs, problème résolu) : c'est souvent la ligne dont le lead technique parle en premier en entretien.
- Un CV de développeur doit-il tenir sur une page ?
- Une page reste la cible jusqu'à 8-10 ans d'expérience : les recruteurs tech lisent vite et un CV dense d'une page se compare favorablement à deux pages diluées. Quand la place manque, réduisez les postes anciens à une ligne, gardez 4 à 5 puces sur le poste actuel et 3 sur le précédent, et coupez les technologies que vous ne voulez plus pratiquer : chaque techno listée est une invitation à vous interroger dessus.
- Comment présenter une reconversion vers le développement ?
- Menez avec ce qui est vérifiable : formation (école, bootcamp, autoformation structurée), projets réels avec code consultable et, si possible, une première expérience même courte (stage, alternance, freelance). Remontez la rubrique projets au-dessus de l'expérience non technique, et reliez votre ancien métier au nouveau quand c'est pertinent : un ancien comptable qui automatise des rapprochements en Python raconte une histoire cohérente. L'accroche doit annoncer la reconversion en une phrase plutôt que la laisser deviner.
- Faut-il rédiger le CV en français ou en anglais ?
- Suivez la langue de l'annonce. Une annonce rédigée en anglais, même pour un poste en France, attend généralement un CV en anglais ; une annonce en français attend un CV en français avec les termes techniques usuels laissés en anglais. Attention au mélange : un CV en français truffé de phrases entières en anglais donne une impression de brouillon, alors que des termes techniques anglais dans des phrases françaises sont la norme du métier. Si vous visez les deux marchés, maintenez les deux versions à jour avec les mêmes chiffres et les mêmes dates : notre éditeur permet de dupliquer un CV et d'en changer la langue sans repartir de zéro, ce qui évite les divergences entre versions que les recruteurs remarquent en vérifiant votre profil en ligne.
- Quelles sont les erreurs les plus fréquentes sur un CV de développeur ?
- Les cinq que les recruteurs tech citent le plus : le mur de technologies (vingt-cinq mots-clés sans hiérarchie ni niveau, dont la moitié survolée en TP il y a cinq ans), qui invite des questions d'entretien perdues d'avance ; les puces de responsabilités sans résultat (« développement et maintenance des APIs »), qui ne donnent au lead technique aucun élément d'évaluation ; les métriques sans dénominateur (« optimisation des performances de 40 % » : de quoi, mesuré comment ?) ; les barres de niveau et les notes sur cinq étoiles, illisibles pour les logiciels de tri et irritantes pour les humains, car auto-évaluées sans référentiel ; enfin le projet d'école présenté comme une expérience professionnelle, alors qu'une rubrique projets assumée est plus honnête et tout aussi valorisante. Une sixième, plus française : traduire les termes techniques (« conteneurisation applicative » pour Docker, « intégration continue » sans citer l'outil), ce qui fait rater les filtres réglés sur les noms exacts. Toutes se corrigent en une soirée de relecture avec la grille : verbe, technologie, échelle, résultat.
- Quel salaire attendre selon le niveau, et faut-il l'indiquer sur le CV ?
- N'indiquez jamais de prétentions sur le CV : la question se traite en entretien, ou dans le formulaire du portail quand il l'impose. Pour situer le marché français à titre indicatif : un développeur junior démarre généralement entre 38 et 45 k€ bruts annuels en Île-de-France (un peu moins en région), un profil confirmé de 4 à 7 ans se situe couramment entre 48 et 60 k€, et un senior ou un lead dépasse fréquemment 65 k€, davantage dans les scale-ups financées et les secteurs qui recrutent dur (paiement, données, infrastructure). Les ESN paient en général sous le client final à niveau égal, mais offrent une variété de contextes qui accélère les débuts de carrière. Le télétravail a partiellement décorrélé salaire et localisation, sans l'effacer. En négociation, appuyez-vous sur les chiffres de votre CV (trafic, disponibilité, économies d'infrastructure) : un développeur qui prouve 170 k€ d'économies annuelles négocie sur une autre base que « le marché ».
- Combien de technologies lister, et faut-il indiquer un niveau pour chacune ?
- Listez uniquement ce que vous accepteriez de voir tomber en entretien technique : pour la plupart des profils, cela donne 10 à 15 technologies groupées en familles nommées (langages, infrastructure, pratiques), pas 30. La bonne manière d'indiquer le niveau n'est ni la barre de progression ni l'auto-notation, mais le contexte d'usage dans les puces : « microservices Go en production depuis 4 ans » établit un niveau qu'aucune étoile ne transmet. Vous pouvez hiérarchiser à l'intérieur d'un groupe en plaçant en tête ce que vous pratiquez quotidiennement, et en signalant honnêtement l'appoint (« SAP (notions) » dans l'exemple comptable de nos pages voisines suit la même logique). Retirez les technologies que vous ne voulez plus pratiquer : les garder, c'est inviter des missions dessus. Et mettez à jour la liste à chaque candidature : une stack réordonnée pour correspondre à l'annonce, c'est dix minutes de travail pour un gain de correspondance immédiat dans les filtres comme dans la tête du lecteur.
- Comment adapter ce CV pour une ESN, une startup ou un grand groupe ?
- Le fond ne change pas, l'ordre des preuves si. Pour une ESN : montez la variété des contextes (secteurs, tailles d'équipes, méthodologies) et la vitesse de prise en main, car le commercial doit pouvoir vous positionner sur une mission dès la lecture ; les intitulés de mission clairs et les durées comptent. Pour une startup ou une scale-up : montez l'autonomie et l'impact produit, les fonctionnalités livrées de bout en bout, les métriques d'usage, la polyvalence assumée (un peu de front, un peu d'infra) ; le mot « production » doit apparaître souvent. Pour un grand groupe : montez la robustesse et la conformité, les migrations sans interruption, la documentation, les revues, la sécurité ; les certifications (cloud, sécurité) y pèsent plus qu'ailleurs. Dans les trois cas, la première puce du poste actuel doit répondre à la question que ce lecteur précis se pose en premier. C'est un travail de dix minutes par candidature qui bat des heures de lettres de motivation.
- Faut-il joindre une lettre de motivation pour un poste de développeur ?
- Moins systématiquement que dans d'autres métiers, mais elle reste utile dans trois cas précis. Les candidatures aux grands groupes et au secteur public d'abord, où elle est souvent attendue voire exigée par le portail. Les reconversions et les retours après une pause ensuite, où trois phrases de contexte évitent au recruteur de reconstituer votre histoire à partir des dates. Les candidatures spontanées enfin, où le CV seul ne dit pas pourquoi cette entreprise précisément. Dans les startups et les ESN, un paragraphe court dans le champ « message » du formulaire remplit le même rôle. Si vous en écrivez une, tenez-la en une demi-page : pourquoi cette équipe, une réalisation reprise du CV qui correspond à leur contexte technique, et votre disponibilité. Ce qu'elle ne doit jamais faire : répéter le CV, lister la stack une deuxième fois ou promettre de la passion. Les éléments filtrables (technologies, expérience, anglais) doivent vivre dans le CV lui-même, car beaucoup d'outils de recrutement n'indexent pas le texte de la lettre de motivation dans leurs recherches par mots-clés.
- Que mettre en avant pour un premier emploi de développeur sans expérience professionnelle ?
- Trois matériaux remplacent l'expérience salariée, dans cet ordre d'efficacité. L'alternance ou le stage long d'abord : présentez-les comme de vrais postes, avec l'entreprise, la stack, les mises en production et un chiffre par puce (utilisateurs servis, couverture de tests, temps gagné). Les projets réels ensuite : un dépôt public propre avec un README sérieux, des tests et un déploiement accessible vaut mieux que cinq exercices d'école ; donnez-lui une entrée dédiée avec ses métriques (étoiles, utilisateurs, retours). Les contributions open source enfin, même modestes : une correction acceptée dans un projet connu prouve que vous savez lire du code existant et passer une revue, deux compétences que les tests techniques mesurent mal. Complétez avec la formation (diplôme, spécialisation, classement si excellent) et un niveau d'anglais démontré. Ce qui ne remplace rien : les listes de cours suivis, les badges de plateformes d'exercices et les projets tutoriels recopiés, que les recruteurs tech reconnaissent au premier coup d'œil.